Aliénation parentale ou rupture du lien

Aliénation parentale ou rupture du lien

«Pourquoi certains hommes décident-ils d'abandonner leurs enfants suite à une sé

Publié le 19-01-2018, 10:30




«Pourquoi certains hommes décident-ils d'abandonner leurs enfants suite à une séparation?»



Une analyse:


L’attitude de certains pères est sans nul doute à mettre en lien avec leur rancune envers la mère d’avoir initié la séparation.


C’est la mère plus que ses enfants qu’ils cherchent à atteindre en les abandonnant. Que cela ne donne pas le sentiment d’être coupable d’avoir voulu divorcer. Je ne doute pas qu'il y ait de bonnes raisons de le faire; mais même lorsque leurs femmes ont de bonnes raisons de divorcer, les maris deviennent furieux.


Question d'orgueil mal placé, de réactivation de blessures narcissiques, car c'est intérêt supérieur de l'enfant qui devrait toujours prévaloir.


Les enfants sont parfois aussi perçus comme ayant choisi "leur camp" s'ils restent attachés à leur mère.


Au lieu de les abandonner, le père devrait les rassurer et continuer de s'intéresser à leur vie quotidienne pour maintenir un lien.


La question reste : "Pourquoi surtout des hommes alors que dans la même situation, les femmes n'abandonnent pas ou très rarement leur enfant?"


Parce qu'ils attendent le soutien implicite et explicite de la mère pour rétablir ce lien et, dans ces situations, la relation entre les ex est tellement altérée et souvent empreinte de violences psychologiques si pas physiques, que les mères, mêmes les plus ouvertes, ne trouvent pas en elle l'énergie de favoriser une reprise de contact de leurs enfants avec celui qui les maltraite dans la séparation.











Quand l’enfant aliéné développe des symptômes d'abandonnisme

Publié le 19-01-2018, 10:26


On évoque finalement assez rarement la ou les pathologies mentales futures éventuellement développées par l’enfant aliéné dans le cadre de séparations très conflictuelles.

On parle de souffrance, on reste dans le vague souvent…

Cette maltraitance a des conséquences qu’avec le recul on peut commencer à mesurer empiriquement.

Il est donc grand temps de mettre un terme aux résistances des professionnels de la santé mentale (et ou de l’expertise psychologique ordonnée par les tribunaux dans le cadre de divorces hautement conflictuels), à observer, évaluer, reconnaître les faits de maltraitances psychologiques pour ce qu’ils sont et non au travers de fantasmes impalpables. Souligneret combattre l’hypocrisie des psychiatres et psychologues et même des parents ou éducateurs qui persistent à nier ces maltraitances est impératif. L’enfant n’est souvent perçu que comme un adulte de petite taille sur lequel on a tendance à projeter ses propres croyances et que l’on voit à travers notre prisme d’identité en principe construite alors qu’elle n’est qu’en devenir chez l’enfant ou l’adolescent.

Comme disait Adler (Le sens de la Vie) : « Il est évident que nous ne sommes pas influencés par les « faits », mais par notre opinion sur les faits ». Peut-être est-il temps de changer cette opinion et de regarder enfin les faits !

Et des faits, en tant que conseiller conjugal et médiatrice familiale, je commence à en avoir une sacrée collection.

Une collection suffisante en tout cas pour poser un certain nombre de questions et encourager une prise de conscience des acteurs de la justice de manière à réagir le plus rapidement possible dès lors qu’ils constatent qu’un enfant, pour des raisons fallacieuses, est séparé ou éloigné d’un de ses parents. Si le droit de visite n’est pas respecté, il y a toujours urgence.

Il faut réagir vite et il est possible de lire nombres d’articles qui vont vous parler du lien parental coincé dans une situation délétère où il ne peut que s’altérer irrémédiablement ou même complètement disparaître.

Mais on parle finalement peu de ce ces enfants deviennent si ce n’est à travers leur situation pragmatique : ils ne voient plus un de leurs parents, ils reprennent des contacts sporadiques, le lien est altéré ou il ne l’est pas… bref toutes les constatations tournent autour de ce qui fut et est devenu : le lien entre un parent et son enfant.

On parle aussi occasionnellement de l’état psychologique du parent écarté, de ses réactions parfois jugées intempestives ou inadéquates, trop prégnantes ou inexistantes, on parle de dépression ou de fuite, de choix ou d’empêchement à exercer son rôle de parent etc.

Mais quid de l’enfant ?

Actuellement en formation spécifique complémentaire sur le trouble borderline, je suis amenée à étudier des cas cliniques dont l’anamnèse de patients « états limites ».

Et me voilà frappée par le parallèle, comme une évidence, entre la symptomatologie du patient borderline qui fut abandonnique et de l’enfant aliéné par un de ses parents dans le cadre d’une séparation compliquée.

Le schéma des identifications corrélées aux symptômes de la problématique familiale est le même : il se fonde sur des critères archaïques d’appréciation binaire : bon-mauvais, bien-mal, beau-laid.

Plus encore, il place le parent écarté dans ce schéma, ne s’encombrant plus d’aucune nuance. L’enfant, privé de libre arbitre, s’engouffre dans cette appréciation binaire de ses deux parents : l’un est bon, l’autre est mauvais, l’un est affectueux, l’autre est méchant, l’un me nourrit bien, l’autre me prive, l’un m’a toujours aidé, l’autre m’a toujours abandonné.

Abandonné, le mot est lancé.

Car l’enfant, qui par l’emprise du parent aliénant est séparé de l’autre parent, n’est plus en réalité éloigné de ce parent ; il est maintenant abandonné. Du moins, c’est une part de son ressenti. Une ressenti qu’il exprime souvent d’ailleurs. Cet abandon supposé est mal vécu, mais toujours coincé dans cette binarité des perceptions, onentend régulièrement en expertise ou en médiation : il m’a abandonné mais j’en suis bien heureux !

On nage en plein paradoxe : il m’a abandonné mais heureusement car quel mauvais parent ! Il ne fait rien pour moi mais pourquoi ne fait-il pas ceci ou cela ?

Les reproches sont nombreux sur les manques mais en même temps, l’enfant ne veut surtout rien de ce parent diabolisé.

Dès les premiers abords du travail de médiation ou d’expertise, dans la pluridisciplinarité du travail des différentes équipes psycho judiciaires, les enfants renvoient aux adultes leur crainte de l’abandon. La singularité des cas donne des résultats pourtant presque universels dans la pathologie : les enfants aliénés sont souvent, voire pratiquement toujours des enfants à la symptomatologie abandonnique !

Et un travail de soin doit s’opérer au regard de la capacité de l’enfant à se décentrer ou non d’une quête de l’amour très singulière. Et si l’enfant doit se décentrer, il ne peut le faire qu’avec une justice musclée qui n’a pas peur de prendre des décisions rapides et concrètes, mettant fin à l’univers paradoxal et délétère où l’enfant perd prise avec ses ressentis réels et vit à travers son gourou : le parent aliénant.

L’état psychique de l’abandonnique est dominé par une peur viscérale de l’abandon, une angoisse irrépressible. Et cet état d’angoisse nait d’un moment dans l’enfance où un état chronique s’installe dans le cadre d’un manque.

On le définit comme étant un : État permanent d'insécurité datant de l'enfance, lié à la crainte, motivée ou non, d'être abandonné (C. Odier, G. Guex, 1950).

La crainte motivée ou non…

Dans le cadre d’une situation d’aliénation parentale, le parent aliénant n’aura de cesse que de motiver la crainte jusqu’à la rendre insupportable et lier d’autant plus l’enfant aliéné au parent « salvateur », celui qui est le seul à ses yeux à pouvoir le guérir de cette angoisse permanente de la perte, à le mettre sous emprise psychologique d’autant plus solide que l’enfant le perçoit comme la seule personne pouvant le délivrer de cette angoisse d’abandon.

Sauf que ce n’est que dans le discours du parent aliénant que l’enfant pourra tenter se rassurer.

Bien sûr, il entendra régulièrement : Mais je suis là pour toi, heureusement que moi je ne t’abandonne pas, tu peux compter sur moi…

Il n’en reste pas moins que l’enfant est devenu insécure et la pathologie abandonnique a creusé son nid dans une psychologie fragilisée par une situation délétère, par la perte du lien avec sa mère ou son père, par le sentiment d’abandon que rien ne peut effacer.

Et toute la symptomatologie de l’angoisse de l’abandonnique se construit sur l’angoisse qu’éveille tout ressenti d’abandon, réel ou fantasmé. Elle fait naître une agressivité envers l’autre parent mais aussi, plus tard, cette symptomatologie s’installant durablement, envers un entourage souvent décontenancé et impuissant devant ces troubles du comportement induits. Et bien entendu s’ensuivent alors la dévalorisation de soi, une perception tronquée ou carrément fausse de regard d’autrui sur soi, et dès lors, en cercles concentriques vicieux, l’agressivité ou le repli sur soi comme uniques réponses à ce mal être insupportable.

Chez l’abandonnique, cette privation d’amour dans l’enfance, comme chez l’enfant aliéné, ce ressenti de privation d’amour (le parent aime et manifeste son amour mais ne peut atteindre l’enfant sous emprise, du moins en surface, on peut toujours espérer sur la longueur que cet amour percole doucement) engendre une agressivité qui se manifeste par la vengeance : il faut faire subir à ce parent perçu comme le mauvais objet ce que l’on pense avoir subi soi-même : il faut menacer, faire mal, frustrer, insulter, abandonner de toutes les manières possibles, marquer des exigences inatteignables, demander de l’amour sans limite mais sans en donner et sans utiliser le vocabulaire de l’amour mais au contraire celui de la guerre, de la haine, ou rester passif à tout, quelques fois adopter une attitude passive-agressive, avec pour objectif de blesser tant que l’on peut, faire à l’autre plus encore que ce que l’on croit avoir dû endurer.

C’est ainsi que l’on voit des enfants se transformer en véritables petits monstres tant physiquement (les cas de maltraitances physiques de l’enfant envers l’adulte rejeté sont loin d’être rares) que psychologiquement, relayant ainsi efficacement la haine du parent aliénant envers le parent dont il sépare l’enfant.

Et oui, il y a bien là un comportement masochiste car, persuadé de renvoyer l’ascenseur et blesser le parent dit mauvais, « celui qui aurait abandonné », l’enfant aliéné se torture et se prive encore plus de ce parent qui l’aime et qu’il aime sans vouloir le reconnaître, se prive de l’amour dont il a tant besoin. Car c’est bien d’amour qu’il s’agit.

Encore faut-il pouvoir le vivre…

Face à cette privation d’amour non objectivement motivée, (rappelons que le parent éloigné ne refuse pas de donner son amour, c’est le parent aliénant qui fait croire à son enfant que cet amour n’existe pas, ou n’est pas donné, ou n’est pas digne de confiance ou encore, est dangereux), l’enfant est face à des ressentis différents de ce qui lui est proposé par le parent aliénant : si je suis privé d’amour, c’est que je n’en vaux pas la peine (position d’infériorité) ou si on ne m’aime pas, c’est que je suis méchant (position de culpabilité) .

Et c’est bien loin du discours du parent aliénant qui charge le parent éloigné pour s’approprier l’enfant. C’est l’enfant qui, instrumentalisé, porte la lourde charge de ce discours et altère sa santé mentale.

Car il est bien entendu que cela laissera des traces dans un parcours de vie aux débuts aussi chaotiques, au moment de la construction de la personnalité. Cet état psychologique de sentiment d’insécurité permanente lié à une peur irrationnelle d’êtreabandonné marque la vie à tout jamais si un traitement n’est pas rapidement mis en place, si la justice ne permet pas la reprise rapide des contacts entre l’enfant et le parent éloigné pour qu’il puisse être rassuré sur l’amour qui lui est de facto donné.

La demande d’affection pour combler un manque originel lors de la séparation traumatisante du passé tend à créer des personnalités pour qui il est compliqué voire impossible d’accepter de l’amour, de l’affection, ces dernières recréant alors les situations d’abandon, tout en n’en supportant pas la frustration.

Les relations amoureuses dans lesquelles l’abandonnique vase sentir mal et créer un scénario pour en échapper ou les détruire sont souvent répétées.

« Au Canada, on identifie parfois un syndrome d’abandonnisme, qui ne touche pas forcément des enfants réellement abandonnés, et peut apparaître à travers des vécus d’abandon qui peuvent être totalement indécelable par l’entourage.

Ce syndrome de l’enfant est caractérisé, entre autre, par le refus du contact ou de l’intimité, les reproches perpétuels aux parents, et une alternance de demande irrépressible suivie de dénigrement en cas d’obtention. « http://fr.wikipedia.org/wiki/Abandonnisme

Cette vision canadienne peut s’appliquer aux enfants qui subissent l’aliénation parentale car ils ne sont pas réellement abandonnés par leur parent : le parent éloigné est empêché d’exercer sa parentalité tant pragmatiquement dans les décisions de coparentalité qu’affectivement dans les manifestations d’amour à son enfant court circuitées par un parent aliénant à la dimension particulièrement pathologique. La souffrance qu’il engendre tant pour le parent empêché que pour l’enfant qui se perçoit rejeté, abandonné alors c’est lui qui, sous emprise, rejette et met à distance. A l’âge adulte, ce syndrome abandonnique peut évoluer vers un trouble de la personnalité borderline.

Le trouble de la personnalité borderline (ou trouble de la personnalité limite) est un trouble de la personnalité qui s’exprime une gestion des émotions défaillante, par des relations humaines très compliquées car les troubles de l’humeur et la violence imprévisibles sont ingérables au quotidien. Le manque de confiance en soi de même que des comportements agressifs et auto—agressifs de l’enfant abandonnique devenu adulte rendent sa vie sociale difficile et peu épanouissante.

Lors de l'absence ou la disparition d'un lien affectif important (hospitalisation, deuil d'un parent, aliénation parentale dans le cas qui nous occupe), le vécu abandonnique peut se traduire, chez l’enfant qui en souffre dès le plus jeune âge, s’il se sent abandonné (que ce ressenti corresponde à une réalité ou qu’il soit imaginé), par une profonde souffrance psychologique, une inquiétude, un mal-être et une insécurité affective lors de la rupture avec un être cher dès l’enfance.

A l'âge adulte, cette appréhension de nouer des relations avec les autres ou de construire une vie de couple, par peur d'être rejeté et abandonné reste un poids que l’adulte continue de porter.

La personne victime d'un vécu abandonnique a besoin d'être rassurée en permanence dans ses relations avec les autres, ce qui peut avoir des conséquences dans sa vie quotidienne : l'estime de soi souvent fragile fait penser à la victime de l’abandon présumé qu'elle n'a pas de valeur et qu'elle ne mérite pas d'être aimée.

Une raison de plus pour les tribunaux de traiter l’aliénation avec diligence, compétence et attention : le temps n’arrange pas les choses, il les détériore !


thérapeute familiale- Antibes

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Publié le 17-10-2014, 12:27

À la notion de traumatisme psychologique pour un enfant, on n’associe souvent que le viol, l’inceste, les coups, l’abandon, les négligences sévères…

Les mécanismes agissant lors du trauma de l’aliénation parentale, de l’effacement symbolique d’un des parents par l’autre parent ne sont pas encore suffisamment reconnus comme des stratégies mises en place par le sujet pour y survivre.

Et la relation au milieu dans lequel l’enfant vit avant, pendant et après l’événement traumatique peut permettre, dans une certaine mesure, de comprendre comment et pourquoi un même événement sera traumatisant pour un sujet et pas pour un autre.

C’est ainsi que, dans une même fratrie, on pourra trouver des enfants complètement happés par le parent aliénant, d’autres qui rejettent totalement la manipulation, d’autres encore qui peuvent la contourner, jouant la discrétion totale, l’effacement de soi pour survivre au raz-de-marée.

Parce que leur place dans la fratrie, leur âge, le moment du développement de leur identité, ce qu’ils ont pu trouver dans ce milieu, et dans la relation qu’ils ont créée avec ce dernier, font d’eux des êtres uniques aux réactions singulières.

Parmi la diversité des traumas potentiels, l’aliénation parentale a une place plus que particulière car elle touche à l’identité si tant est que chaque enfant est le fruit de chacun de ses parents, une part de leur identité fondue dans la sienne, un terreau duquel elle a émergé; en arracher la substance ne peut être que douloureux, déchirant, découvrant un arbrisseau aux racines nues.

On commence seulement à entendre et prendre en compte la parole de l’enfant en ce qui concerne le viol, l’inceste, mais, malgré la levée progressive du tabou sur cette question, l’opinion demeure frileuse.

J’en veux pour preuve cet article du Nouvel Obs du 23 janvier 2013, un » coup de gueule » de Gérard Lopez à propos de la violence faite aux enfants : l’inexplicable déni. Dans cet article fustige « l’idéologie familiste qui sanctifie la famille, fût-elle maltraitante ».

Et s’il se bat pour que la violence faite aux enfants soit une priorité, il refuse pourtant de croire que l’aliénation parentale, parce qu’on lui a donné un nom et qu’il est utilisé parfois à des fins peu enviables dans le cadre de véritables guerres parentales. Mais n’utilise-t-on pas tout autant des termes comme « escroc », « sectaire », « pervers » dans la vie courante sans que soient remis en cause les articles de loi qui adressent une réponse juridique et/ou pénale à ces dysfonctionnements, voire ces délits ou même ces crimes ? Il est temps de mettre la rhétorique de côté et penser protection de l’enfant.

Or, ce type d’abus, de viol de l’identité dans le cas de l’aliénation parentale, est de plus en plus fréquent pour deux raisons : l’augmentation des divorces contentieux et une évolution narcissique de la société (le tout à l’égo) qui, de l’avis des spécialistes, tend à créer des personnalités narcissiques qui excellent dans les procédés de manipulation, particulièrement destructeurs lorsque ces abus sont vécus dans l’enfance, moment de la structuration du sujet.

L’aliénation parentale, à mon sens, fait partie de ces abus, comme l’inceste, qui ont un statut particulier parce que commis par un parent, au sein de la famille, là même où l’enfant devrait trouver et vivre le sentiment de sécurité absolue. Cet abus, cette manipulation, cette aliénation sont d’autant plus inimaginables pour la société, même pour les professionnels spectateurs des situations, qu’ils sont commis dans le cocon familial.

À l’instar de l’inceste au début de sa mise en question, l’aliénation rencontre le même scepticisme, la même peur du terme lui-même et de mettre une accusation sur un fait. « C’est un parent, même les prostituées ont droit à voir leur enfant… » Donc, tout semble permis ou en tout cas, on y drape un voile pudique, trouvant d’autres termes ou minimisant.

Si l’on part du postulat que les interdits fondamentaux tels l’inceste et le meurtre fondent et régissent le lien social, quid du meurtre symbolique d’un parent par l’autre parent? Comment ces enfants vont-ils s’inscrire dans la société, et selon quelles valeurs vont-ils se construire si ce meurtre symbolique d’un parent a été autorisé, voire avalisé par la société au travers de ses représentants, les tribunaux, les instances judiciaires de protection de la jeunesse ?

Cette surpuissance acquise implicitement par l’enfant aliéné va-t-elle le porter ou le détruire ?

Force est de constater que les dégâts sont déjà là mais que l’on préfère parfois fermer les yeux. Ce n’est qu’ « un conflit entre parent », entend-on souvent et la justice, tel le voisin de palier prudent, choisit finalement souvent de ne pas s’en mêler, « tous coupables tous innocents ».

Cela fait penser au film « 38 témoins » sur un autre sujet, mais avec une lâcheté tout aussi coupable, où chacun se garde bien de dire ce qu’il a vu, se persuade n’avoir rien vu, pour ne pas avoir à prendre parti, à se poser des questions fondamentales qui bouleversent les habitudes si confortables.

On cite souvent Camus à tout propos : " Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde ". Albert Camus n'a pas dit exactement ça ! C’est dans un essai de 1944(Sur une philosophie de l'expression), qu’Albert Camus écrivait : « Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ».

Un objet" ou "les choses", c’est bien différent. Selon le dictionnaire de l’Académie française, un objet, en termes de Philosophie, signifie Tout ce qui affecte les sens, tout ce qui intéresse les facultés de l'âme. C'est le réel, ce qui fait nos vies, tout ce que nous appréhendons.

Et "Le malheur du monde" est bien plus que "les malheurs du monde".

En nommant mal ou en n’osant nommer, ce qui est sans doute plus juste, en déformant ainsi le réel, en déguisant la vérité, en atténuant la réalité, c’est toute une génération d’enfants des conflits parentaux que l’on nie dans leur vécu, des familles, des parents écartés et écartelés.

Finalement, refuser d’employer le terme « aliénation parentale » pour d’autres euphémismes, peut être un manque de courage, une mode à revoir, un choix délibéré pour faire accepter, si pas le mot, en tout cas le concept.

Quand on est du côté du parent aliéné, de toutes les façons, les deux sens du mot conviennent : on est rendu étranger et perdre un enfant rend fou.

Cependant, si rester dans la discrétion en parlant de « rupture du lien » permet de protéger des enfants, il n’est pas de parent aliéné qui refusera la chance d’établir les bases d’une reconnaissance de ce qu’il/elle vit au quotidien si cette chance s’accompagne de mesures concrètes à mettre en place pour éradiquer ce nouveau fléau.

C’est alors que le jugement de Salomon prend tout son sens.