Au sujet de l'aliénation parentale

Au sujet de l'aliénation parentale

Publié le 04-12-2015, 10:25

Aliénation parentale à Antibes

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Publié le 17-10-2014, 12:26

Je me pose souvent la question de savoir pourquoi des adultes compétents comme des juges des experts, des voisins éduqués, des intervenants sociaux…, malgré des signes très évidents d’aliénation parentale tels que la rupture du lien avec l’autre parent, le refus de thérapie ou de médiation du parent qui sépare l’enfant de l’autre parent, une agressivité et une attitude sans nuance, des faits avérés vérifiables et j’en passe, pourquoi, malgré tous ces clignotants, tous ces adultes ont du mal à reconnaître le phénomène, à l’admettre et surtout à véritablement lutter contre.

Pourquoi ont-ils tant de difficulté à même prononcer le terme d’aliénation, pourquoi le parent écarté est si souvent encore plus « écarté », un peu comme un pestiféré qui ne peut être que coupable, un peu, sans doute, parce qu’il n’a pas su garder son enfant auprès de lui.

Et j’ai une réponse, qui en vaut une autre : c’est sans doute parce que cette aliénation est perçue comme l’émanation d’un amour sincère et fort du parent pour l’enfant et de l’enfant pour le parent et ce dans un cadre de crise profonde.

Nous gardons en nous une vision très romanesque de l’amour quel qu’il soit et cet enfant qui se sacrifie et donne tout à son parent aliénateur a quelque chose de fascinant et d’émouvant.

Inconsciemment, arrêter l’aliénation, dans l’imaginaire affectif des intervenants, dans leurs archétypes psychosociaux, est un peu comme mettre un terme à cet amour inconditionnel que l’on attend tous quelque part.

Ne sommes-nous pas tous incroyablement fragiles quand il s’agit de l’amour, moteur de toute vie ?

Le voir, le toucher dans ces situations à fleur de peau nous ramène à nos désirs primitifs d’être tout pour l’autre, que l’autre soit tout pour nous, une fusion parfaite, sans liberté possible, prison consentie.

Il ne faudrait pas oublier que cet amour est terriblement destructeur pour l’un comme pour l’autre et laissera des traces indélébiles dans chacune de leurs histoires. Peut-on d’ailleurs encore appeler cela de l’amour de la part du parent aliénant ? N’est-ce pas tout simplement la plaie béante d’une blessure narcissique prenant la forme d’un cœur pour mieux tromper l’enfant, l’observateur, l’expert, le juge ?

Reproduira-t-il un jour cette plaie telle un stigmate ?